La future pénurie des logements étudiants de Paris

Une nouvelle étude de Colliers International et de CMS International Law Office montre que l'on peut s'attendre à une pénurie de logements pour étudiants dans la ville de Paris au cours des dix prochaines années. Le troisième rapport conjoint des deux sociétés examine l'évolution du secteur CEE-6 et révèle la perception qu'ont les investisseurs de la pertinence du logement étudiant en tant que classe d'actifs. La présence de résidences étudiantes très bon marché, mais en même temps de qualité médiocre, en raison du budget limité de l'État, stimule le développement de ce segment de l'immobilier dans la région. Cependant, le changement démographique clé, caractérisé par une augmentation constante du nombre d'étudiants internationaux, rapproche les attentes, voire l'accessibilité, des normes internationales. Cependant, la ville de Paris est-elle prête à faire face à la croissance potentielle ?

photo d'une résidence étudiante à Paris

L'appétit des investisseurs pour le segment du logement étudiant augmente

Plus de 32% des investisseurs interrogés dans le rapport déclarent avoir déjà une activité ou envisagent d'en lancer une en ce qui concerne l'investissement dans le logement étudiant à Paris. Leurs préférences concernent principalement Paris intramuros et ses principaux arrondissements (50%), suivie de la Région parisienne (28%) et de l'Ile de France (14%). Cependant, la demande potentielle enregistrée dépasse l'offre du segment.

Selon le rapport, d'ici 2028, il y aura une pénurie importante de logements pour étudiants dans la plupart des arrondissements de la ville de Paris. Si l'on applique le modèle demande-offre et le nombre d'étudiants internationaux dans la ville concernée par rapport aux résidences étudiantes, on peut constater que d'ici 2028, le déséquilibre le plus important sera dans les quartiers universitaires où se trouvent notamment de grandes écoles (-8 399 appartements). L'hyper centre est le seul quartier avec un résultat positif. Dans ce scénario, avec un lit par chambre, la valeur du stock est de 1,22 milliard d’euros.

Les étudiants interrogés en 2019 ont exprimé leur mécontentement face à la mauvaise qualité du logement étudiant dans la région parisienne. Paris occupe la première place du classement dans cet aspect, notamment en termes de prix, d'emplacement, de qualité et de sécurité des transports. Le réseau de transport en commun (métro, bus, tramway et RER) ne fonctionne pas non plus de manière satisfaisante. Avec l’augmentation du nombre d’étudiants internationaux par rapport à la population (3,6% par an en moyenne dans la région), le renouvellement du logement des étudiants risque même d’être retardé.

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